Glow Admin
 |
# Posté le: 20 Nov 2007 14:41 - Edité par: Glow
Abou qui anime l'émission Midnight Love sur la radio locale Vexin (96.2 fm dans les yvelines et radiovexin.com) nous a proposé lundi 26 Novembre une émission spéciale Eric Roberson, avec l'interview suivante:
Salut Eric Roberson, content de te recevoir dans nos studios ce soir. Peux-tu te présenter à nos auditeurs pour commencer?
Salut Paris, la France, je suis Eric Roberson, je viens du new jersey. Je suis auteur / compositeur / musicien / artiste indépendant, une sorte de petit soldat de la musique et je viens faire mon premier concert ici à Paris
Tu es ici pour nous parler de ton premier concert à Paris, mais également pour nous parler de la sortie de ton premier album « best of ». Comment cette idée est-elle venue ?
J’essaie simplement d’élargir mon public, de toucher un plus gros marché. On a sorti mon 5ème album cette année. J’ai réussi à conquérir divers publics et on a voulu en même temps sensibiliser les nouveaux fans au son des 4 premiers albums: c’est pour cela qu’on a réalisé cette compilation qui s’appelle "the collection": c’est à la fois un hommage aux fans du début et une sorte d’introduction pour les nouveaux.
Tu es jeune et tu as déjà enregistré beaucoup d’albums, quand as-tu commencé ?
Je ne suis pas sûr d’être si jeune que ça mais j’ai commencé très tôt. Depuis l’enfance, j’étudie, je compose mais c’est à 19 ans que j’ai commencé à travailler dans l’optique de faire des albums. En 1994, j’ai fait un disque “the moon”, d’ailleurs le titre figure sur la compilation, ensuite j’ai sorti l’album "Esoteric", et depuis il s’écoule à peu près un an, un an et demi entre chaque album. Le cinquième est sorti cette année et la compile, c’est le sixième, qui est un best of des quatre premiers.
Pour cette première en France et en l’occurrence à L’Opus Café, à quel type de show peut-on s’attendre ?
Je joue avec un live band complet, le groupe est là: certains sont soit à l’hôtel les autres en train de visiter la ville.
Oui, c’est important pour moi de jouer ici car j’ai commencé au bas de l’échelle en distribuant mes cds aux amis juste pour partager ma musique. A l’époque je n’aurais jamais pensé qu’en restant indépendant j’en viendrais à faire une tournée mondiale, à recevoir tout cet amour ici à Paris. Ce soir, ce sera vraiment une célébration. On va vraiment s’amuser et les musiciens adorent jouer et partager leur énergie. On a hâte de recevoir l’énergie du public et de leur offrir la nôtre.
Il y a également ton pote Anthony David qui t’accompagne sur cette tournée…
Oui, c’est un très bon ami, très talentueux. J’aime sa musique mais aussi sa personnalité. Il a beaucoup d’humilité et il réfléchit beaucoup aux bases de la musique qu’on fait et c’est très important. Je suis très heureux qu’il nous accompagne dans cette tournée en Europe et au Japon. C’est mon groupe qui l’accompagne et c’est vraiment intéressant de présenter de nouvelles personnes à des amis. Ils l’ont adopté et ils adorent jouer pour lui. Ce sera vraiment une bonne soirée. Tout le monde devrait passer un très bon moment.
On va passer à une première pose musicale et on va s’écouter "Rock With You", sur lequel tu as travaillé avec Jazzy Jeff. Peux tu nous parler de cette chanson car beaucoup de personnes t’on découvert avec ce morceau…
C’est vrai. La première fois que je suis venu en Europe, en Angleterre, c’était avec Jazzy Jeff. On avait un projet qui s’appelait Philharmonics. Jouer avec Jazzy Jeff m’a permis de toucher beaucoup de gens et ils m’ont suivi très fidèlement depuis. Jazzy Jeff est un très bon ami. "Rock With You" est une chanson marrante, faite pour que tout le monde s’éclate, et c’est ce qu’on fait!
Tu l'as dit, tu es un artiste indépendant et tu as produit des albums de premier ordre à ce titre. Mais tu as eu une mauvaise expérience avec une major par le passé…
Ça fait 13 ou 14 ans que je suis dans ce métier, et dans cette période, on m'a signé, puis lâché etc... J’ai aussi beaucoup travaillé pour d'autres et j'ai eu l'occasion d’observer des situations très difficiles. J'ai vu des artistes qui vendent des millions de disques et qui sont malgré tout malheureux. Ce qui compte ce n'est pas d'être une star et d'avoir plein de maisons et de voitures. Pour moi, l'important a toujours été de faire la musique que j'aime, de sortir les albums que je voulais faire, sans compromis. Dès le début, je sentais que je si je signais, il faudrait que je fasse beaucoup de compromis et ça ne me plaisait pas. Donc j'ai commencé en sortant ma musique moi-même. Je ne savais pas si ça marcherait. Et le fait que ça marche aussi bien aujourd'hui, ça explique pourquoi je souris tout le temps.
Tu as beaucoup de chansons d'amour, très sensuelles sur tes albums. Quelle est ta définition de la relation idéale entre un homme et une femme ? Question difficile !
Une grande amitié. La musique m'a appris qu'il faut grandir. La relation entre un fan et un artiste doit être fidèle mais en même temps, le fan doit laisser l'artiste évoluer. C'est pareil dans un couple. Par exemple, à mon retour de Paris, j'aurai changé. Je ne serai pas quelqu'un de totalement différent mais l'énergie que j'aurai reçue, les gens que j'aurai rencontrés m'auront un peu modifié. C’est naturel, et je voudrais que ma femme accepte ça. Elle aussi aura sans doute changé pendant ce temps. Grandir, mûrir, c'est ce qui compte. Il s'agit plus de respect et d'amitié que d'amour à mon avis même si l'amour aussi est important évidemment. Sur mes albums, j'ai des chansons sensuelles qui parlent de cette part important du couple, j'ai des chansons tristes qui racontent qu'il m'est arrivé de souffrir ou de faire souffrir quelqu’un et mes chansons célèbrent ces liens très forts. Quand on se sépare et qu'on retombe amoureux de la même personne… je veux vieillir avec la musique et aussi auprès de ma partenaire, je veux pouvoir la regarder, la voir sourire. C'est du boulot, comme pour une chanson.
D'où vient le surnom Erro?
Mon surnom Erro vient du fait que je n'ai pas de deuxième prénom. Je suis Eric Roberson tout court. Ma sœur s'appelle Alicia Simone Roberson par exemple. Moi je n'ai pas de 2ème prénom donc on m'a toujours trouvé plein de petits surnoms. Quand je jouais au football, on m'appelait Robbie, j'ai des amis qui m'appellent ER (er) E rob, E Ro et Erro vient de là. J'ai pensé à utiliser Erro comme nom d'artiste comme il y avait déjà pas mal d'Eric (Eric Sherman, Eric Gable, Eric Benét. Mais vous m'appelez comme vous voulez, ça me va ! Mais il faut m'appeler!
On va écouter Def Ears . Qu'est ce qui t'a inspiré pour l'écriture de ce morceau ?
La vie tout simplement ! Et deux situations en particulier: j'ai emprunté l'histoire d'un ami, qui a rencontré une femme qui l'a complètement fasciné. Ensuite, je pense avoir une forte spiritualité: je crois dans l'existence d'une esprit supérieur, je dialogue avec lui tout le temps. On peut tout lui dire. Cette chanson est une conversation avec dieu. Quel que soit son nom, Bouddha, Allah. C’est une conversation avec dieu à propos de cette femme.
Comment s’est passé l’enregistrement de ton dernier album « The Left » ?
L’enregistrement s’est fait sporadiquement. J’étais en tournée tout le temps. Comme mon studio est basé à mon domicile, dès que je rentrais chez moi, je me mettais immédiatement au travail. Par contre, si je ne le sentais pas, je passais à autre chose. Donc certaines chansons se sont faites très vite, comme I Love You Too Much ou Been In Love. Les idées de certaines chansons sont arrivées comme ça, en voiture par exemple. Mais d’autres comme Pretty Girl a pris 2 ans. J’en avais fait une première version et j’ai arrêté. Le texte devenait trop sentencieux et ça ne me plaisait pas, donc j’ai arrêté. Il a fallu presque 2 ans. J’arrivais chez moi, j’installais mon matériel, et j’essayais, mais je bloquais sur le 2ème couplet. Je passais à autre chose. Et puis un jour, c’est venu d’un coup. Ça été 2 années intéressantes. J’ai enregistré 16 ou 17 chansons sur cette période et j’en ai mis 14 sur l’album. Ça montre bien que quand j’ai travaillé à cet album, j’ai tenu à donner le meilleur sur chaque morceau, à avoir le meilleur rendement possible. J’ai la chance de pouvoir attendre l’inspiration. Je profite au maximum des moments où l’inspiration est là. Vous savez, quand vous avez un feeling, une idée qui vous vient, que les accords arrivent sur la guitare, le piano, les mots sortent tous seuls du stylo ou même, il n’ya pas besoin de stylo. C’est le sens de cet album.
On sent que tu ne conçois pas la musique comme un travail à horaires fixes, contrairement à certains artistes…
Non, moi c’est 24h sur 24. Presque tous les soirs, je m’endors avec un stylo et un carnet à la main.
J’ai appris au fils des années, en tant que songwriter, qu’il ne faut jamais s’arrêter d’écrire. J’écris tout le temps: dans mon journal, mon blog, des lettres, des poèmes. Je n’écris pas seulement des chansons. Mais je suis toujours préparé, prêt, quand une chanson me vient. On peut dire que j’y suis entraîné… Quand on écrit, que ce soit une chanson, un poème... on essaie d’orchestrer les mots. Pour une chanson, c’est évidemment plus compliqué car il faut tenir compte de la mélodie, mais c’est quand même très proche: je crée tout le temps et je suis toujours prêt à accueillir une chanson.
Un mot sur les invités qui figurent sur cet album "The Left", comme Algebra et Phonte des Little Brother ?
Algebra, son album va sortir. J’ai produit et coécrit quelques titres. Elle a un talent fou. Elle est passée à mon studio et je lui ai dit: tu veux poser un truc? Elle a un talent incroyable.
Phonte est un des meilleurs MC que je connaisse mais c’est aussi un super chanteur et ça, peu de gens le savent. Et c’est un gros fan de musique. C’est quelqu’un qui a une créativité énorme, qui bosse avec plein de gens différents et des gens comme ça me donnent de l’inspiration. Comment fait-il pour garder ce niveau de créativité? J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir travailler avec des amis. J’espère que sur le prochain album, je ferai une chanson avec Anthony. J’ai envie de travailler avec plein d’artistes mais j’ai eu beaucoup de chance de travailler avec autant d’amis.
Quels sont les artistes que tu écoutes beaucoup en ce moment ?
Il y en a tellement... les nouveaux albums de Common et Kanye West. La production sur ces albums est vraiment impressionnante. Il y a aussi Jay Moss, un chanteur gospel. Il a sorti un de mes albums préférés cette année. Son album s’appelle "V2". Il faut le découvrir car même si on ne s’y connait pas trop en gospel, c’est un très très bon disque, du beau travail. Quand je voyage, je découvre aussi beaucoup d’artistes locaux. On me donne des cds, et souvent, ce sont de très bonnes choses. Mon i-pod est plein! Mais je reviens toujours aux albums de Radiohead, Louis Taylor, Omar et Stevie Wonder.
Un mot sur les artiste suivant, tu nous dit ce que te pense et s’ils ont des chances de travailler avec toi: AMEL LARIEUX, KEM, GOAPELE, BRIGETTE
Oui, tout à fait. C’est drôle que tu en parles car Kem et moi, on vient de faire 3 concerts ensemble le mois dernier, alors on ne sait jamais... Mon batteur joue aussi avec Goapele. C’est marrant, elle habite la cote Ouest et moi je vis à l’Est donc il voyage beaucoup! J’ai fait des concerts avec Goapele, elle a beaucoup de talent. Il était question que je travaille sur son dernier album mais j’étais en tournée à l’époque et je n’ai pas pu m’y consacrer. Kem, Goapele, ce sont de très grands artistes, et si j’avais le temps, je ferais des chansons ou des collaborations pour leurs albums, ce serait génial.
Où te vois-tu dans 5 ans ?
Continuer de grandir, d’évoluer. Dans 5 ans, si on se retrouve à Paris, pour discuter à nouveau, peut-être que je jouerai dans une plus grand salle! L’important c’est de toujours se développer. Je me souviens d’il y a 5 ans. J’étais heureux, je progressais mais je ne m’imaginais pas que j’arriverais aussi haut 5 ans plus tard! J’espère juste continuer à progresser. Je suis heureux maintenant si ma carrière ne bouge pas d’ici 5 ans, je serai heureux quand même parce que j’aurai grandi à d’autres niveaux. Mais je continuerai à travailler dur pour poursuivre ma progression, me développer et m’épanouir aussi.
Quels sont tes projets à plus court terme?
Continuer à tourner et à séduire le public, garder le public qui nous a suivi et attirer des gens qui ne nous connaissent pas encore. Et puis passer du bon temps, montrer aux gens qu’on peut prendre du plaisir à ce qu’on fait, faire ce qu’on aime et gagner sa vie comme ça. Trouver son propre bonheur, c’est ça l’important car en fait, la vie elle même c’est du court terme! On ne nous promet pas grand chose sur cette Terre, donc il ne faut pas perdre son temps à des choses qu’on ne veut pas faire. Bien sûr, il faut être des adultes responsables mais il ne faut pas oublier ses hobbies, ses amis, sa famille, il faut partager l’énergie avec les autres.
Merci Eric Roberson d’avoir partagé ce moment avec nous.
Merci beaucoup de m’avoir reçu.
-----
Midnight Love, tous les lundi de 18h30 à 19h30. Une sélection de Slow Jams et également en écoute tous les soirs de la semaine de minuit à 1h00.
|